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Vêtements non réclamés : que faire des dépôts oubliés

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Vêtements non réclamés : que faire des dépôts oubliés

Ce sont toujours les mêmes cartons. Ils sont là depuis un an, parfois deux. La déposante ne répond plus, le numéro ne fonctionne plus, et personne n'a jamais dit ce qu'il fallait en faire. Ils occupent de la place, ils ne rapportent rien, et tu n'oses pas y toucher.

Tu as raison de ne pas y toucher, et tort d'en être arrivée là. Ces pièces ne t'appartiennent pas et ne t'appartiendront pas par le simple effet du temps qui passe. Mais un contrat correctement rédigé au départ, et deux gestes simples ensuite, suffisent à ce que la situation ne se reproduise plus.

Le point de départ : ces vêtements ne sont pas à toi

Un dépôt-vente repose sur deux relations en une. D'un côté un dépôt : la personne te remet des pièces qui restent les siennes, et tu en as la garde. De l'autre un mandat : elle t'autorise à les vendre en son nom, à des conditions convenues. C'est la logique que détaille notre article sur la responsabilité sur les vêtements confiés.

Deux conséquences en découlent, et elles surprennent souvent.

Le silence ne vaut pas abandon. Une personne qui ne répond plus pendant dix-huit mois ne t'a pas donné ses vêtements. Elle a simplement disparu de la conversation. Juridiquement, celui qui garde une chose déposée doit pouvoir la rendre à celui qui la lui a confiée : c'est le coeur même du dépôt.

Ton mandat porte sur la vente, pas sur la disposition. Elle t'a autorisée à vendre à un prix convenu, dans des conditions convenues. Elle ne t'a pas autorisée à donner, à jeter, ni à garder pour toi les pièces qui n'ont pas trouvé preneur.

Ce qui change tout, c'est ce que le contrat a prévu. S'il ne dit rien du sort des invendus, tu n'as pas de porte de sortie et tu conserves. S'il fixe une durée, un délai de retrait et une conséquence à son expiration, tu as un chemin clair, à condition de l'avoir appliqué proprement.

Ce que le contrat doit prévoir, et que presque personne n'écrit

Quatre lignes suffisent à supprimer le problème pour toujours. Elles se placent dans le contrat de dépôt, celui que tu fais signer au premier rendez-vous, et que détaille notre article sur les mentions obligatoires d'un contrat de dépôt-vente.

1. Une durée de mise en vente. Trois mois, six mois, peu importe, mais une durée écrite avec un point de départ. Un dépôt sans échéance est un dépôt sans fin, et c'est exactement ce qui remplit ta réserve.

2. Un délai de retrait après cette durée. C'est la ligne qui manque presque toujours. Elle indique combien de temps le déposant a pour venir récupérer ses invendus une fois la période de vente terminée. Trente à soixante jours est un usage courant.

3. Ce qui se passe à l'expiration de ce délai, après une relance écrite restée sans réponse. Don à une association, transfert de propriété au dépositaire, participation aux frais de stockage : le choix t'appartient, mais il doit être écrit, lisible, et expliqué à voix haute au moment de la signature. Une clause découverte après coup ne protège personne.

4. Deux moyens de contact et l'engagement de signaler tout changement. Un téléphone et un courriel, pas l'un ou l'autre. C'est la ligne la moins juridique des quatre et probablement la plus efficace.

La procédure quand un dépôt dort déjà

Pour les cartons déjà en réserve, la marche à suivre est différente puisque le contrat, s'il existe, ne dit sans doute rien.

Reconstitue le dossier. Qui, quand, quelles pièces, quel document signé. Sans cette base, aucune démarche n'est possible et tu ne sauras même pas ce que tu détiens exactement.

Relance par écrit, une fois, proprement. Une relance qui compte est datée, envoyée à la dernière adresse connue, rappelle la date du dépôt, liste les pièces, fixe une date limite précise, et dit ce qu'il adviendra ensuite. Utilise un moyen qui laisse une trace, courrier recommandé ou courriel horodaté, et conserve la preuve d'envoi. Notre guide sur la restitution d'un dépôt décrit le déroulé de la remise elle-même.

Attends, et documente. Note la date d'envoi, la date limite annoncée, et l'absence de réponse. Cette trace vaut mieux que n'importe quel argument a posteriori.

Applique ce qui était prévu, et rien d'autre. Si le contrat prévoyait une issue, tu peux l'appliquer. S'il ne prévoyait rien, tu conserves : la prudence est ici la seule position solide. Pour une pièce de valeur, un avis juridique coûte moins cher qu'un litige, et la question de la prescription mérite d'être posée à un professionnel plutôt que tranchée seule.

Comment éviter d'en arriver là

Le vrai sujet n'est pas la sortie, c'est la prévention. Trois habitudes suffisent.

Une date de fin annoncée dès le premier rendez-vous. Pas une ligne en bas d'un document, une phrase dite : « la mise en vente dure six mois, ensuite tu as un mois pour récupérer ce qui n'est pas parti ». Un déposant qui sait quand ça se termine revient. Un déposant qui croit à un dépôt sans fin ne revient jamais.

Un point d'étape avant l'échéance. Un message quinze jours avant la fin de la période de vente, avec ce qui a été vendu, ce qui reste, et la date limite de retrait. C'est le message qui règle la grande majorité des cas, parce qu'il rappelle une échéance à des gens qui l'ont simplement oubliée.

Un état de stock qui distingue les pièces à restituer. Tant que « en vente » et « à rendre » se ressemblent dans ton inventaire, tu ne vois pas le problème arriver. Une fiche par déposant, avec ses pièces, leur statut et la date d'échéance, transforme la question en une revue mensuelle de dix minutes. C'est exactement ce que fait la fiche déposant dans l'espace de gestion et de facturation de DressKare, et le suivi côté déposant évite en plus les relances au téléphone : la personne voit elle-même où en sont ses pièces.

Un mot sur l'origine du problème, parce qu'elle est rarement là où on la cherche. Les dépôts fantômes viennent presque toujours de pièces qui ne se vendaient pas. Une personne dont les vêtements partent revient, discute, redépose. Une personne dont rien n'est parti se décourage et cesse de répondre. Trier à l'entrée est donc aussi une manière de ne pas fabriquer de dépôts abandonnés, et refuser une pièce qui ne partira pas rend service aux deux parties. Si tu manques de volume, mieux vaut chercher de nouveaux dépôts, par exemple via un service de collecte comme Once Again, que d'accepter tout ce qui passe.

Et les données du déposant dans tout ça

Tant que tu détiens ses pièces, conserver ses coordonnées est justifié : ce sont elles qui permettent la restitution. Une fois la relation soldée, la logique s'inverse et une durée de conservation doit être fixée, écrite et appliquée. Notre article sur les données personnelles des déposants détaille ce que tu peux garder, combien de temps, et ce qu'il faut pouvoir montrer.

Ce qu'il faut retenir

Le silence d'un déposant ne te donne aucun droit sur ses vêtements, et le temps qui passe n'en donne pas davantage. Ce qui te donne une porte de sortie, c'est une clause écrite au départ, appliquée après une relance dont tu gardes la preuve.

Pour les cartons déjà en réserve : reconstitue, relance par écrit, documente, et ne dispose de rien qui n'ait été prévu. Pour tous les dépôts à venir : une durée, un délai de retrait, une conséquence, deux moyens de contact. Quatre lignes, et le problème ne se pose plus.

Questions fréquentes

Peut-on vendre ou donner les vêtements qu'un déposant ne vient jamais rechercher ?

Pas de sa propre initiative. Les pièces confiées restent la propriété du déposant, et le silence ne vaut pas abandon : le dépositaire doit pouvoir restituer ce qui lui a été remis. Ce qui rend une sortie possible, c'est une clause prévue au contrat signé au départ, qui fixe un délai de retrait et ce qu'il advient des pièces à son expiration, appliquée après une relance écrite. Sans cette clause, la seule voie sûre est de conserver et de continuer à relancer, et de prendre conseil pour les pièces de valeur.

Combien de temps faut-il garder un dépôt non réclamé ?

C'est le contrat qui doit le dire, et c'est justement ce que la plupart des contrats oublient. En pratique, les professionnels prévoient une durée de mise en vente, puis un délai de retrait qui court à partir de la fin de cette période, souvent de trente à soixante jours, annoncé dès la signature. Sans durée écrite, il n'y a pas d'échéance opposable au déposant, et le stock s'accumule sans limite.

Que doit contenir la relance avant de sortir une pièce du stock ?

Une relance utile est écrite, datée, envoyée à la dernière adresse connue, et conservée. Elle rappelle la date du dépôt, liste les pièces concernées, cite la clause du contrat, fixe une date limite précise de retrait et indique ce qui se passera ensuite. Envoie-la par un moyen qui laisse une preuve, courrier recommandé ou courriel horodaté, et garde une copie dans la fiche du déposant.

Un déposant injoignable, ça se prévient comment ?

En grande partie à la signature. Deux moyens de contact plutôt qu'un, une date de fin annoncée à voix haute et pas seulement écrite en bas de page, et un point d'étape envoyé à la fin de la période de vente. La plupart des dépôts fantômes ne viennent pas de gens de mauvaise foi : ils viennent de personnes qui ont déménagé, changé de numéro, ou simplement compris que le dépôt était sans fin.

Faut-il conserver les coordonnées d'un déposant parti depuis des années ?

Tant que les pièces sont chez toi, oui : ce sont ces données qui permettent de restituer, et elles justifient la conservation. Une fois la relation soldée, pièces rendues ou sorties du stock selon le contrat, il n'y a plus de raison de garder un fichier complet indéfiniment. Fixe une durée de conservation, écris-la, et applique-la, comme pour le reste de tes données déposants.

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